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Vegan / Bio

Y aurait-il un régime idéal, fonctionnant pour tous ?

4 juin 2009

Cet extrait d’un entretien du Dr Cousens avec Sarah Best provient du N° de printemps 2008 du magazine GET FRESH.

Le Dr Cousens est un médecin spécialiste de l’alimentation vivante, reconnu internationalement et auteur de plusieurs livres dont le classique Conscious Eating (Se nourrir en conscience) et There Is a Cure for Diabetes (Soigner son diabète en 21 jours). Il est aussi le fondateur et le directeur du Centre de Régénération TREE of LIFE, qui se trouve en Arizona (U.S.A.) et en Israël.

Si tu t’intéresses à l’alimentation vivante, au végétalisme cru ou à la nutrition personnalisée, le point clé de cet entretien est simple : il n’existe pas de régime universel qui convienne à tout le monde. Ce que cela change pour toi, concrètement, c’est qu’il faut arrêter de chercher “le” modèle parfait et commencer à observer ton propre fonctionnement : énergie, digestion, faim, clarté mentale, tolérance aux glucides, besoin en protéines, sensibilité au sucre, et éventuellement statut en vitamine B12.

L’essentiel a retenir : l’entretien défend une idée centrale : l’alimentation doit être adaptée à ton profil biologique, et pas copiée sur un modèle unique.

  • Il n’existe pas de régime idéal valable pour tout le monde.
  • Les besoins varient selon le métabolisme, les gènes et le type constitutionnel.
  • Les types rapides ont souvent besoin de plus de protéines.
  • Les types lents tolèrent généralement mieux une alimentation plus riche en glucides.
  • Un manque de vitamine B12 peut fausser le ressenti sur les protéines animales.
  • Une alimentation vivante peut fonctionner, mais pas de la même façon pour chacun.
  • Les variations de sucre sanguin peuvent impacter l’humeur et la concentration.

Pourquoi le Dr Cousens rejette l’idée d’un régime unique

Selon lui, l’idée qu’un seul régime puisse convenir à tous est un mythe. Et dans les faits, son raisonnement part d’un constat très concret : nous n’avons pas tous la même génétique, le même métabolisme, la même sensibilité au sucre, ni les mêmes besoins en protéines ou en glucides.

Il s’appuie notamment sur l’Ayurveda, qui recommande d’adapter l’alimentation au dosha, c’est-à-dire au profil individuel. Il cite aussi les travaux sur l’individualité biochimique, qui vont dans le même sens : deux personnes peuvent manger la même chose et réagir de manière totalement différente.

Concrètement, si tu es dans cette situation où “tout le monde te dit quoi manger” mais que tu ne te sens jamais vraiment bien, ce n’est pas forcément toi le problème. Il est possible que le régime suivi ne corresponde tout simplement pas à ton terrain.

Ce que cela implique dans la pratique

Au lieu de te demander “quel est le meilleur régime ?”, la bonne question devient : quel régime me permet d’avoir une énergie stable, une digestion confortable et une bonne clarté mentale ?

Dans la pratique, cela veut dire observer :

  • ton niveau d’énergie après les repas ;
  • tes fringales ou coups de fatigue ;
  • la qualité de ton sommeil ;
  • ta concentration ;
  • la tolérance de ton système digestif ;
  • ta capacité à tenir une alimentation végétale, crue ou non.

Si tu ignores ces signaux, tu risques de suivre un régime “théoriquement parfait” mais mauvais pour toi en pratique.

Les grands types métaboliques évoqués dans l’entretien

Le Dr Cousens distingue plusieurs profils, en particulier les oxydants rapides, les oxydants lents et les profils mixtes. Derrière ces termes, l’idée est simple : certaines personnes brûlent l’énergie plus vite et ont besoin de plus de protéines, tandis que d’autres fonctionnent mieux avec davantage de glucides et moins de protéines.

Dans la majorité des cas, ce type de lecture est utile non pas pour te coller une étiquette, mais pour expliquer pourquoi deux personnes peuvent réagir de façon opposée à une même alimentation vivante.

Oxydants rapides : quand trop de glucides peut poser problème

Selon l’entretien, les oxydants rapides ont souvent besoin d’un apport protéique plus élevé. Si tu es dans ce cas et que tu passes brutalement à une alimentation très riche en fruits, en sucres ou en glucides et très pauvre en protéines, tu peux te retrouver avec de la fatigue, une sensation de vide, des difficultés de concentration ou une faim rapide après les repas.

Ce que cela change pour toi, c’est qu’un régime cru très sucré n’est pas automatiquement une bonne idée, même s’il est populaire. Dans la pratique, il faut parfois réintroduire davantage de sources protéiques végétales adaptées, et parfois un peu plus de lipides, pour retrouver un meilleur équilibre.

Oxydants lents : mieux armés pour les glucides

À l’inverse, les oxydants lents tolèrent généralement mieux un apport plus élevé en glucides et moins de protéines. Ils peuvent se sentir lourds, saturés ou “chargés” avec trop de protéines, surtout si elles sont mal choisies ou en excès.

Concrètement, si tu as tendance à stocker facilement, à te sentir alourdi après des repas trop riches, ou à mieux fonctionner avec une alimentation plus légère, ce profil peut te parler. Là encore, l’objectif n’est pas de te mettre dans une case, mais de comprendre pourquoi ton corps ne réagit pas comme celui du voisin.

Profils mixtes : l’équilibre à trouver

Les profils mixtes se situent entre les deux. Dans la pratique, ils ont souvent besoin d’un dosage plus fin : ni excès de sucre, ni excès de protéines, ni alimentation trop restrictive.

Si tu hésites encore sur ton profil, le plus utile reste souvent l’observation terrain : comment tu te sens après un repas riche en fruits ? Après un repas plus protéiné ? Après plusieurs jours d’alimentation très crue ? C’est souvent là que la vérité apparaît.

Alimentation vivante, végétalisme cru et besoins réels en protéines

L’un des points les plus intéressants de cet entretien, c’est la remise en perspective de la question des protéines. Le Dr Cousens explique qu’il est possible de couvrir ses besoins avec une alimentation vivante, à condition de savoir où chercher les protéines et comment les équilibrer.

En pratique, cela veut dire qu’une alimentation végétalienne crue n’est pas “magiquement” suffisante juste parce qu’elle est crue. Elle doit être construite intelligemment.

Les erreurs fréquentes à éviter

On constate souvent que les personnes qui se lancent dans le cru font les mêmes erreurs :

  • elles mangent trop de fruits et pas assez d’aliments denses ;
  • elles réduisent trop vite les protéines ;
  • elles confondent “léger” avec “équilibré” ;
  • elles ne surveillent pas leur énergie sur plusieurs semaines ;
  • elles négligent la vitamine B12.

Le piège, c’est de croire qu’une alimentation vivante doit forcément être très sucrée et très pauvre en tout le reste. Dans les faits, ce type d’approche peut convenir à certains profils, mais pas à tous.

Exemples concrets de sources intéressantes

Le texte cite la spiruline comme source de protéines, et mentionne aussi les apports présents dans certains aliments d’origine animale. Si tu es végétalien, l’enjeu n’est pas de copier un modèle omnivore, mais de construire une assiette qui apporte assez de protéines assimilables, d’acides aminés essentiels et de micronutriments.

Dans la pratique, cela implique de varier les sources : algues, graines, oléagineux, pousses, certains superaliments, et selon ton choix alimentaire, des compléments ciblés si nécessaire.

Le point crucial sur la vitamine B12

Le Dr Cousens insiste sur un sujet que beaucoup minimisent encore : la vitamine B12. Il rappelle que de nombreuses personnes végétaliennes, et même des consommateurs d’aliments vivants, présentent des déficiences qui peuvent mettre du temps à apparaître.

Ce que cela change pour toi, c’est que l’absence de symptômes immédiats ne veut pas dire absence de risque. Une carence peut se développer lentement, parfois sur des mois ou des années.

Pourquoi c’est important dans ton cas

Si tu te dis que tu as “besoin de viande” sans savoir pourquoi, il est possible que le vrai sujet soit ailleurs, notamment du côté de la B12. L’entretien souligne qu’un ressenti de manque de protéines animales peut parfois masquer un besoin en micronutriments.

Dans la pratique, il est recommandé de ne pas attendre d’être en déficit pour faire le point. Un suivi biologique régulier et une stratégie adaptée sont beaucoup plus sûrs qu’une approche approximative.

Ce qu’il faut faire concrètement

Si tu suis une alimentation végétalienne ou très majoritairement végétale, fais le point avec un professionnel de santé sur :

  • la B12 ;
  • la ferritine ;
  • la vitamine D ;
  • l’iodine selon ton contexte ;
  • l’équilibre global de tes apports.

Dans les faits, c’est souvent cette base qui évite les erreurs les plus coûteuses.

Sucre sanguin, hypoglycémie et clarté mentale

L’entretien fait aussi un lien très intéressant entre la glycémie et la stabilité mentale. Le Dr Cousens explique qu’en état d’hypoglycémie, l’esprit devient moins stable et la concentration baisse. Autrement dit, si ton sucre sanguin fait le yo-yo, ton mental le ressent aussi.

Concrètement, si tu as des coups de pompe, des envies sucrées, de l’irritabilité ou une difficulté à rester concentré, ce n’est pas seulement une question de volonté. Le problème peut venir d’un apport mal calibré en glucides, d’un excès de sucre rapide ou d’un manque d’équilibre global.

Ce que cela implique dans la vie quotidienne

Le texte donne un exemple parlant : certaines personnes ont vu leur capacité de méditation et leur stabilité mentale s’améliorer après avoir réduit les aliments à forte charge sucrée, comme certaines bananes très mûres ou les papayes en grande quantité.

Dans la pratique, cela ne veut pas dire qu’il faut bannir les fruits. Cela veut dire qu’il faut choisir les bons fruits, les bonnes quantités et le bon timing. Si tu es sensible à la glycémie, les fruits très sucrés seuls, en grande quantité, peuvent ne pas te convenir.

Peut-on vraiment s’épanouir avec une alimentation végétalienne crue ?

La réponse du Dr Cousens est nuancée : oui, pour beaucoup de personnes, mais pas de manière identique pour tous. Il dit avoir rencontré très peu de cas nécessitant une alimentation animale, mais il reconnaît aussi qu’un besoin biologique particulier peut exister dans certains contextes.

Ce point est important, parce qu’il évite deux extrêmes : d’un côté le dogme du “tout cru pour tout le monde”, de l’autre le rejet total de l’alimentation vivante au moindre problème.

Le bon réflexe si tu veux tester ce mode alimentaire

Si tu veux essayer une alimentation végétalienne crue, fais-le progressivement et observe les résultats sur plusieurs semaines, pas sur deux jours. Sur le terrain, les ajustements les plus utiles sont souvent les suivants :

  • augmenter la densité nutritionnelle ;
  • réduire les excès de sucre ;
  • mieux répartir les protéines ;
  • surveiller la digestion ;
  • corriger les carences éventuelles.

Si tu rencontres un problème, le bon réflexe n’est pas forcément d’abandonner toute l’approche. Il faut d’abord comprendre ce qui bloque : quantité, qualité, proportions, ou carence cachée.

Ahimsa, alimentation et dimension éthique

La fin de l’extrait ouvre sur une dimension plus spirituelle : l’ahimsa, c’est-à-dire le fait de vivre sans causer de souffrance inutile. Ici, le propos dépasse la simple nutrition. Il pose une question de cohérence : pourquoi choisir de faire souffrir un être sensible si ce n’est pas nécessaire ?

Dans la pratique, cette réflexion compte pour beaucoup de lecteurs qui ne cherchent pas seulement à “manger sain”, mais à aligner leur alimentation avec leurs valeurs.

Si tu es dans cette situation où tu hésites entre santé, éthique et plaisir alimentaire, le vrai enjeu est souvent d’éviter les choix radicaux faits sans discernement. Une alimentation végétale bien pensée peut répondre à la fois à des objectifs de santé et à une volonté de réduire la souffrance animale, à condition de rester rigoureux sur l’équilibre nutritionnel.

Ce qu’il faut retenir si tu veux appliquer ces principes

Dans les faits, cet entretien t’invite à sortir des slogans. Le bon angle n’est pas “cru ou pas cru”, “végétal ou non”, “protéiné ou léger” de façon absolue. Le bon angle, c’est : qu’est-ce qui fonctionne réellement pour ton corps, ton énergie et ta santé sur la durée ?

Si tu veux avancer intelligemment, commence par trois choses : observer, ajuster, vérifier. Observe tes réactions, ajuste ton alimentation en fonction de ton profil, puis vérifie avec des marqueurs concrets comme l’énergie, la digestion et, si besoin, des bilans biologiques.

Autrement dit, ne cherche pas une doctrine. Cherche un fonctionnement durable.

FAQ

Pourquoi le Dr Cousens rejette l’idée d’un régime unique ?

Parce qu’il estime que les besoins nutritionnels varient selon la génétique, le métabolisme et le profil individuel. Dans les faits, deux personnes peuvent réagir très différemment au même régime. Il défend donc une alimentation adaptée à la personne, pas un modèle universel.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les principales différences entre les types ?

Les principaux types évoqués sont les oxydants rapides, les oxydants lents et les profils mixtes. Les rapides ont souvent besoin de plus de protéines, tandis que les lents tolèrent mieux davantage de glucides. Les profils mixtes se situent entre les deux et demandent un ajustement plus fin.

Y a-t-il des gens qui ne peuvent pas s’épanouir avec une alimentation végétalienne crue ?

Oui, certaines personnes peuvent ne pas s’y épanouir si leurs besoins spécifiques ne sont pas respectés. L’entretien cite un cas rare de besoin biologique en protéines animales. Dans la majorité des cas, le problème vient surtout d’un déséquilibre de l’alimentation crue, pas du cru lui-même.

Comment savoir si mon alimentation vivante me convient vraiment ?

Tu le vois surtout à ton énergie, ta digestion, ta stabilité mentale et ta satiété. Si tu as des coups de fatigue, des fringales, de l’irritabilité ou une baisse de concentration, il faut réajuster. Le plus utile est d’observer sur plusieurs semaines, pas sur une seule journée.

La vitamine B12 est-elle vraiment un point de vigilance en alimentation végétalienne ?

Oui, c’est un point de vigilance majeur. Le texte rappelle que des déficiences peuvent apparaître progressivement, parfois sans signe immédiat. Si tu suis une alimentation végétalienne, il est recommandé de surveiller la B12 et de ne pas attendre une carence pour agir.

Pourquoi l’hypoglycémie peut-elle affecter la clarté mentale ?

Parce que les variations de glycémie perturbent la stabilité de l’énergie et donc la concentration. Si ton sucre sanguin monte et descend trop souvent, tu peux te sentir moins lucide, plus nerveux ou moins stable émotionnellement. Dans la pratique, un meilleur équilibre alimentaire aide souvent à lisser ces variations.

Peut-on trouver assez de protéines dans une alimentation vivante ?

Oui, c’est possible si l’alimentation est bien construite. Le point n’est pas seulement la quantité, mais aussi la qualité et la répartition des sources. Il faut éviter de tomber dans une version trop sucrée et trop pauvre en aliments denses.


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